pop art femme

Les femmes: objets de culte

du mouvement Pop art

La figure de la femme est omniprésente dans le mouvement Pop art. On la retrouve chez Roy Lichtenstein avec sa série “Girls” (Drowning Girl, Crying Girl, Nurse etc.) ; chez Andy Warhol avec ses sérigraphies de Marilyn Monroe ou Twiggy ; au centre des oeuvres This Is Tomorrow ou Can You See Me de Richard Hamilton. Points communs a toutes ce femmes: elles sont blondes, maquillées, pulpeuses, attractives et/ou submergée d’émotion.

Avec le Pop art, c’est une nouvelle idée de la femme qui est montrée : la femme moderne des années 1960. C’est la femme affranchie du joug marital, qui a le droit de vote, qui peut exercer une profession librement, bénéficier d’un compte bancaire, gagner un salaire, devenir indépendante, porter des jupes, des talons, se maquiller etc. Ce que montrent les oeuvres des artistes du mouvement Pop art c’est avant tout un bouleversement qui se déroule sous leurs yeux: la libération de la femme. 

Le mouvement Pop art est malgré tout ambigu ! D’un côté, il participe à ce mouvement de libération, en démocratisant dans le monde entier une représentation nouvelle de la femme, désormais libre et indépendante. De l’autre côté, il contribue à enfermer cette même femme dans une iconographie réductrice où règnent la séduction, le maquillage et l’émotivité. Une iconographie qui tire aussi en partie ses origines de la pornographie. Femmes ultra sexualisées, femme qui pleure dans le pop art et/ou dans des états de “sur-émotivité”... les oeuvres Pop art ne sont pas exempt de sexisme et patriarcalisme !

Par ailleurs, on notera que les autres courants artistiques ne font pas mieux, notamment  le courant hyperréaliste avec l’une de ses oeuvres emblématiques: la femme au caddie (“Supermarket Lady”) de Duane Hanson, représentation emblématique de ce qu’on appellera alors plus tard la “ménagère de plus de 50 ans”.

Dans ce contexte artistique teinté de machisme, qu’est-ce donc qu’être une femme artiste Pop art? Et comment l’artiste Pop art Nathalie Latil se situe en 2020 par rapport à ce mouvement artistique ? 

 

Les premières artistes femmes

Pop art et féministes 

Pauline Boty,

première artiste féministe du Pop

Pauline Boty est la fondatrice du mouvement Pop art anglais. Rebelle, effrontée, avant-gardist, elle donne naissance au Pop art et au fameux Swinging London. Ses premières peintures sont des tableaux Pop art de femme qui célèbrent la sexualité féminine, avec l’originalité d'être toujours du point de vue de la femme.

 

En 1963, ses tableaux se politisent, notamment avec l’oeuvre “Scandal” qui dénonce la domination des hommes dans le marché de l’art. En 1964, Pauline Boty poursuit avec “It’s a Man’s Worlds” où elle dénonce le patriarcat historique et l’hégémonie des hommes à travers les siècles.  Si Pauline Boty est une artiste Pop art de génie, elle est aussi et surtout au début des années 1960 l’une des première féministes modernes. Une source inépuisable d’inspiration pour n’importe quelle femme artiste ! 

May Stevens, un Pop art de femme 

à l'intersection de plusieurs luttes

La première femme artiste du Pop art américain est May Stevens. Le Pop art est son moyen d’expression pour dénoncer le racisme, l'antisémitisme, l’idéologie conservatrice, pro-guerre Vietnam et la misogynie de la classe moyenne blanche des Etats-Unis. Avec la série “Big Daddy”, ses tableaux désacralisent la figure du père et dénonce le système patriarcal, où seuls bénéficient de privilèges les hommes blancs (salaire, position sociale, droits légaux etc.). Avec la peinture de May Stevens on voit naître un Pop art politisé, féministe et à l’intersection de plusieurs luttes. 

Rosalyn Dexter, le Pop art pour dénoncer les violence faites aux femmes

Rosalyn Dexter, reconverti dans l’écriture à la fin des années 1960, s’intéresse à la figure de la femme à travers la starisation, les violences de couples, les relations perverses et les abus sexuels. Ses tableaux traitent des thèmes encore inédits dans le monde de la peinture et du Pop art, leur réception est controversée à l’époque. Rosalyn Dexter est la seule artiste féminine, avec Marjorie Strider, a avoir exposé aux côté d’Andy Warhol et Roy Lichtenstein en 1964 à la Pace Gallery, une exception qui dénote bien de la mise à l’écart des femmes par l’avant-garde Pop art. Avec le recul, l’oeuvre de l’artiste Rosalyn Dexter a été considéré comme étant l’une des premières artistes féministes du Pop art. L’artiste refuse cette étiquette, son travail bouillonne toutefois des idéaux qui alimentaient à l’époque l’art féministe. 

Marjorie Strider, le Pop art féministe

de la "contre-appropriation"

Marjorie Strider est définitivement l’une des artistes Pop qui a le plus influencé l'artiste Pop art Nathalie Latil. C’est l’une des artistes pop les plus importantes du milieu new-yorkais des années 1960. Artiste féministe au sein d’un mouvement dominé par des hommes, Marjorie Strider s’empare d’un sujet improbable : la pinup, alors synonyme d’objectivation (ou chosification) de la femme ; et  elle en explore toutes les contradictions. En utilisant ce motif emblématique du Pop Art, ainsi que la fameuse sucette, son objectif est la “contre-appropriation”. Avec ses oeuvres, Marjorie Strider est la première artiste femme à s’emparer des codes du Pop art et de la culture populaire, avec l’objetif de dénoncer exactement ces mêmes codes. Autrement dit, l’artiste veut montrer du doigt la “fausse réalité” à combattre.

Evelyne Axell,

Pop art de la sexualité féminine

L’artiste Pop art féministe belge Evelyne Axell quitte sa carrière prometteuse d’actrice pour se consacrer à la peinture en 1964. Son principal mentor est René Magritte. Elle se rend très tôt à Londres, où elle devient amie de Pauline Boty. Evelyne Axell développe son propre style Pop art pour explorer le sujet de la libération du corps féminin et de la découverte de l’intimité féminine. Si elle est la première artiste Pop art féminine belge, elle est surtout la première artiste à évoquer si librement, à travers ses tableaux Pop art l’intimité des femmes, la révolution sexuelle féminines et la libération des moeurs des femmes.. 

Chrisitina Ramberg,

la perversion masculine dans le Pop art

Christina Ramberg a beaucoup influencé l’artiste peintre Pop art Nathalie Latil. Ramberg s’intéresse au corps de la femme, et ce dès la fin des années 1960. A travers des couleurs foncés sépias, l’artiste Pop art montre le corps de la femme engoncée dans des corsets, collants et tenus en cuir quasi guerrières qui ne sont pas sans rappeler Jeanne d'Arc. Le corps est comme contorsionné, retenu, prisonnier… Et on notera que le visage de la femme n’est jamais montré,  seul la chair et ce qu’on lui afflige prévalent. Dans ses tableaux, Christina Ramberg dénonce la sexualisation du corps, la perversion des fantasmes masculins et rapprochent masochisme, sadisme, misogynie et machisme. 

Kiki Kogelnik, la première artiste

à l'origine du "Féminisme pop"

L’artiste autrichienne Kiki Kogelnik, amie d’Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Jasper Johns et autres artistes américains au début des années 1960, se tourne dans les années 1970 vers un Pop art plus engagé. Elle se consacre à ce qu’elle appelle ses “oeuvres féminines”, en détournant et pointant du doigt l’omniprésence de la figure de la femme dans la publicité. Le style coloré et fantaisiste de Kiki Kogelnik, ainsi que sa personnalité exubérante, lui ont souvent porté préjudice au moment d’évaluer la sincérité et la valeur de son engagement féministe. Cependant, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des premières artistes Pop art à avoir mélangé publicité, mode, féminin et féminisme. Ce qu’on appellerait aujourd’hui le “féminisme Pop”, mélange léger entre culture populaire et valeurs féministes. 

Niki de Saint Phalle,

le Pop art a trouvé sa Nanas féministe

L’artiste Pop art Niki de Saint Phalle se fait remarquer en 1964 avec sa Vénus. Il s’agit d’une sculpture de la déesse qui s’écarte radicalement des stéréotypes de beauté occidentaux: la Vénus a désormais des formes, de gros membres, du gras, elle est noire, vêtue d’un maillot colorés plutôt ridicule. Saint Phalle rompt avec les codes de la tradition, de la féminité “classique“, et embrasse en même temps la cause des droits civiques des minorités et populations noires. L’artiste utilise le Pop art pour explorer le concept de féminité et les jardins secrets de la femme, une approche nouvelle et marquante à l’époque!

 
 
 
 
 
 
 
 
 

NL! Artistes Pop art femme, féminine et féministe 

L’artiste Pop art Nathalie Latil confesse être inspirée en permanence par l’oeuvre de ces artistes femmes du Pop art. Elle revendique surtout l’influence directe de Marjorie Strider, Niki de Saint Phalle, Evelyne Axell et Kiki Kogelnik, notamment pour leur démarche artistique, les thèmes qu’elles ont exploré, leurs combats et l’esthétique de leurs tableaux. 

NL! a d’ailleurs nommé sa série de peintures les “Petites nanas” en hommage aux “Nanas” (“Black Girlsl”) de Niki de Saint Phalle. La Petite Nana de NL! n’est pas une Vénus difforme, énorme, radicale... mais plutôt un pastiche de la figure stéréotypée de la pinup blonde, rousse, svelte, lascive. Avec sa Petite Nana, NL! poursuit le travail de Marjorie Strider: en utilisant l’image de la pinup comme icône de féminité et comme symbole du désir masculin, elle entend dénoncer une représentation machiste de la femme, fondement de la société patriarcale. Le Pop art de NL! joue avec les règles et les codes de la société patriarcale actuelle pour mieux les pointer du doigts, pour mieux les dénoncer, pour mieux s’en affranchir en tant que femme. 

NL! montre ses Petites Nanas dans des mises en scène souvent violentes, sexualisées, grotesques, absurde pour mieux explorer et questionner le sujet de la féminité. 

  • Avec ses tableaux Pop art “Les Vanités” NL! confronte notre représentation de la féminité avec la mort, entre faiblesse, vanité et triomphe de la chair ;

 

  • Avec ses tableaux Pop art “Les Instruments de musique” NL! confronte l’idée de féminité et d’harmonie (intérieur), et rappelle qu’il n’est pas évident de vivre sa féminité et trouver sa place comme femme au XXe siècle ;

 

  • Avec ses tableaux Pop art “Les Quatre Éléments” NL! Fait l’éloge de la femme, à la fois déesse de l’eau, du feu, du vent et de l’air, à l’origine des des phénomènes terrestres ; 

 

  • Avec ses tableaux Pop art “Saligia” NL! rappelle le poids de la représentation historique qui pèse sur la femme, à l’origine de tous les mots et des Sept péchés capitaux ;

NL s’amuse à pasticher les grands thèmes universelles et donne une place centrale à sa Petite Nana, de façon à redonner une place dans le monde à la femme, mais aussi pour interroger le spectateur sur notre représentation de la femme à travers l’Histoire. De ce point de vue, NL! s'impose en héritière des artistes Pop art féministes. 

 

Depuis 2018 le style de NL! s’oriente vers le Pop art abstrait. Son thème de prédilection reste la pinup et l’idée de féminité que l‘on retrouvent dissimulées derrière des courbes, des vagues, des aplats de couleurs… Un art abstrait qui privilégie désormais les formes et les émotions plutôt que la figuration.

 

Si NL! se réinvente artistiquement c’est pour continuer de développer son expression artistique de la féminité, c’est pour continuer d’interroger sous différentes formes, c’est aussi et surtout pour faire entendre la voix des femmes dans le mouvement Pop art.

Envie d'en savoir plus sur l'oeuvre de l’artiste Pop art NL! ? Faites un tour dans sa galerie en ligne pour voir ses tableaux Pop art ou bien visitez directement la boutique en ligne pour dénicher l’objet Pop art qui vous plaît !

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Nathalie Latil 

 

Artiste peintre Pop Art

Paris, France